mercredi 7 février 2007

Carnivore

Le retour a été éprouvant. La piste défoncée n'a pas ménagé nos lombaires. A peine le temps de nous accorder quelques brasses, pour nous remettre, dans la piscine chauffée de l'hôtel (jamais vu une piscine aussi chaude, un vrai bain !) qu'il faut nous préparer pour aller dîner au "Carnivore", le restaurant incontournable de Nairobi, élu plusieurs fois dans les 50 restaurant au monde où il faut avoir mangé. Nous prenons cette fois un grand bus de 24 places.

La ville grouille, les gens marchent tous, pêle-mêle ouvriers en bleus de travail et cadres en costume trois pièces, tous égaux devant la poussière et les gaz d'échappement. Un guide très "poli" nous débite un commentaire qui pourrait être intéressant si son ton monocorde et exempt d'enthousiasme ne le rendait profondément soporifique et ennuyeux.

Le "Carnivore" est un restaurant immense, une véritable institution ou se côtoient touristes et Kenyans aisés. Ici, on mange essentiellement de la viande grillée. Cette fois, nous sommes tous attablées autour d'une même grande table. Les "tos" s'installent à une extrémité, nous à l'autre, pure coïncidence.
A coté de nous, Antoine et Hélène en bout de table, "Laurel et Hardy" de l'autre coté, puis "GI-Joe" et sa femme, "la régressive" puis un couple de belges. "La régressive" explique avec difficulté au serveur qu'elle est végétarienne : elle ne veut donc pas de viande. En revanche, elle prendra du poisson et des crudités mais avec la sauce à part. Finalement le serveur s'en va préparer sa commande. La femme belge, assise en face de la régressive, se tourne alors vers elle et lui dit avec un tact de mammouth : "Pourquoi tu te fatigues à leur expliquer ce que tu veux alors que de toute façon, tu vas rien manger ?". Si la pauvre n'avait que peu d'appétit, il est clair que maintenant elle n'en aura plus du tout...

Les serveurs se succèdent à un rythme effréné, formant une véritable noria, chacun apportant une grande broche garnie de viande rôtie qu'ils servent directement dans les assiettes : boeuf, porc, poulet, mais aussi autruche, buffle et crocodile. Excellent.

"Laurel et Hardy" nous font part de leur déception. Leur chauffeur, contrairement à Peter, ne leur fait quasiment aucun commentaires sur la faune, la flore ou même le pays.  Quant à l'ambiance dans le bus, elle semble plutôt déprimante :  les trois maris portugais sont assis devant, blaguant bruyamment et prenant des photos, tandis que leurs femmes restent assises à l'arrière, papotant sans arrêt et levant à peine la tête pour voir lions, girafes ou autres guépards. "Laurel et Hardy", au milieu, s'ennuient un peu. Et encore, la situation semble s'être améliorée par rapport au premier jour où, les hommes surexcités, criaient et tapaient sur la carrosserie du bus pour faire détaler les gazelles, avant que le chauffeur n'intervienne pour calmer leurs ardeurs !

Surprise pour le dessert : nous avons droit, à l'occasion de notre voyage de noces, à une petite chanson (joyeux anniversaire en kiswahili) et à un morceau de gâteau. A cette occasion, nous apprenons que GI-Joe et sa femme sont également en voyage de noces. Quant à Hélène et Antoine, ils le sont presque aussi (ils viennent de s'installer ensemble).

Retour à l'hôtel dans le même bus, avec le même commentaire monocorde de notre accompagnateur aseptisé. Toutefois, l'un des "tos", quelque peu éméché, nous offrira un jubilé de blagues salaces d'anthologie et un couplet divertissant sur "sa petite gazelle" qui le fait tant rêver.

Posté par fleg à 22:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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